C'est une série de photos qu'on trouve un peu partout, notamment chez Worth1000 (avec login quand j'y suis allé) .
Parfois c'est pas drôle...
J'ai décidé de garder dans mon Album que celles qui sont "vraiment" sympa et pas trop méchantes...
Comme ces deux-là...
jeudi 3 février 2005
The Last Photo I Ever Took
Un générateur de texte, ça sert
Si vous êtes en panne d'inspiration, faites confiance au générateur de texte de Charabia.Net! .
Merci à Julien (à lui de me dire s'il veut que je communique ses coordonnées!), qui m'a aiguillé sur cet exemple de bon texte très utile sur le e-business.
mercredi 2 février 2005
Daniel Kahneman: "Nous ne prenons pas nos décisions de manière rationnelle"
(extrait d'un de mes récents éditos)
En tout cas, pas toujours! Rentrent en jeu dans nos critères de choix des arguments qui ne sont pas « objectifs » : la conformité avec une décision antérieure, même si celle-ci n’a pas prouvé son efficacité (ce que les sociologues appellent « l’effet de gel ») ; le désir de satisfaire son patron; l’image qu’on se fait de soi; une préférence relationnelle ou affective, etc. Les tenants de ces théories vont être renforcés par un auteur de poids, prix Nobel, le psychologue Daniel Kahneman (*). Selon lui, la plupart des décisions de management sont prises en fonction d’arguments individuels basés surtout sur la perception, le contexte, voire même un raisonnement défectueux !
Les deux facteurs les plus influents sont nos intuitions et notre raisonnement. Et nous sommes davantage guidés par l’intuition que par la raison: même l’achat d’une voiture commence par une impulsion et une émotion, sur lesquelles ensuite, et seulement ensuite, vient se superposer un raisonnement.
Dans notre vie de tous les jours, nous sommes guidés par ce mode intuitif et émotif : notre façon de conduire, de discuter avec les autres, de réagir à une situation et donc, de manager. Et c’est normal : si l’on passait son temps à se scruter, on ne pourrait plus avancer !
Le problème, évidemment, c’est que cette prégnance de l’intuition et de l’émotion est régulée par un cerveau imparfait. C'est « l’illusion cognitive », dit Kahneman : on pense avoir compris et trouvé la solution mais on a tout faux !
Le contexte, les situations que l’on vit, ont aussi un impact : si on trouve un gros billet par terre (et qu’on décide de le garder !), on aura tendance à voir la vie du bon côté, pendant un certain temps et les décisions que l’on prendra dans cet état d’esprit ne seront pas les mêmes que si elles venaient après un événement malheureux. « Dans votre vie, rien n’est aussi important que vous le pensez, tant que vous y pensez », dit Kahneman. Le seul fait de penser à certaines choses les rend prioritaires.
Autre attitude répandue : les gens n’aiment pas perdre, ils sont beaucoup plus sensibles à ce qu’ils peuvent perdre qu’à ce qu’ils peuvent gagner. Un des tests les plus amusants de Kahneman : on joue à pile ou face ; pile, vous gagnez 20 dollars ; face vous perdez X dollars ; et on vous demande : "quelle valeur doit avoir X pour que vous acceptiez de jouer ?" Réponse moyenne : 40 dollars ! On veut bien jouer à condition de gagner le double de ce qu’on perd.
Dans le management des technologies, on en déduit quelques règles simples : il ne faut pas penser les problèmes séparément (parce que chacun prend alors trop d’importance) mais il faut les relier les uns aux autres, ce qui permet de prendre du recul.
Autre exemple, applicable à nos investissements : quand on achète une maison qui nous paraît trop chère pour nous mais qu’on veut absolument, dit Kahneman, il vaut mieux prévoir en même temps le budget d’aménagement. La note globale passera mieux. Si on fait l’opération en deux temps distincts, on dépensera instinctivement nettement moins dans l’aménagement ultérieur. On est ainsi en permanence « ancré » sur des critères subjectifs, nous dit Kahneman. Tout marin en déduira qu’il faut savoir lever l’ancre…
(*) « What Where They Thinking ? »
Humour britannique: The Bucket of Horse Sh*t
A little old lady answered a knock on the door one day, only to be confronted by a well-dressed young man carrying a vacuum cleaner. "Good morning," said the young man. "If I could take a couple minutes of your time, I would like to demonstrate the very latest in high-powered vacuum cleaners." "F*** off!" said the old lady. "I haven't got any money" and she proceeded to close the door. Quick as a flash, the young man wedged his foot in the door and pushed it wide open. "Don't be too hasty!" he said. "Not until you have at least seen my demonstration." And with that, he emptied a bucket of horse sh*t all over her hallway carpet."If this vacuum cleaner does not remove all traces of this horse sh*t from your carpet, Madam, I will personally eat the remainder." "Well," she said, "I hope you've got a f***ing good appetite, because the electricity was cut off this morning."
La Flûte enchantée...dunlopillée!
J'ai eu la chance d'être invité hier soir (des places à 130 euros, c'est pas très popu...) à l'Opéra Bastille à Paris pour La Flûte enchantée de Mozart, "Die Zauber flöte". Très belles voix , Pamina surtout, la soprane Mireille Delunsch. Coffre, émotion. Rien à redire.
Mais la mise en scène signée La Fura dels Baus, un collectif de Barcelone. Alors là!.... C'est une espèce de jeu vidéo grandeur nature, jeux de lumière, immenses vidéoprojections entre glauques et bizarroïde. C'est dommage parce que certaines scènes sont bien vues.
Mais, sur la scène justement, des machinistes (sont-ce les choristes? on ne sait pas) passent leur temps à manipuler des Dunlopillos géants dont manisfestement ils ne savent pas quoi faire: on les gonfle, on les dégonfle, on les couche, on les dresse, on les croche, on les décroche. C'est un hymne au matelas dans tous ses états! On ne voit que ça, à tel point qu'on en oublie les chanteurs et la musique (que j'ai trouvée interprétée un peu mollement mais c'est peut-être l'effet Dunlopillo).
Il ne me reste plus qu'à écouter un bon CD les yeux fermés! Couché sur mon Dunlopillo...
mardi 1 février 2005
Conversations avec un philosophe sur internet, les blogs, etc.
Ci-dessous, extraits de la discussion que j’ai eue récemment sur BFM (c'est dans le dernier quart d'heure de cette séquence audio) avec Jean-Michel Besnier, un philosophe qui dit plein de choses passionnantes, et parfois dures, sur des sujets qui nous intéressent comme la modernité, internet, les blogs, etc.
Pourquoi les philosophes n’aiment-ils pas la technique ? Ils en ont peur ?
JMB : Il existe une vieille tradition de disqualification de la technique chez les philosophes : la technique, c’est l’affaire des esclaves. L’homme est asservi à la nature et la technique c’est l’ensemble des démarches qu’il utilise pour ruser avec la nature.
La philosophie, c’est la lenteur et la technologie, la vitesse, c’est cela ?
JMB : Oui, la philosophie est du côté de la contemplation ; pour nous, la plus haute pratique, c’est la contemplation. Le philosophe est déconcerté par la vitesse, cette fuite en avant permanente, qui fait oublier l’essentiel, qui recouvre tout. Toutes les grandes questions des philosophes sont recouvertes par la technique qui manipule des « étants », par opposition à « êtres ».
Vous dites aussi que le rituel, nécessaire, disparaît avec internet…
JMB : Internet homogénéise les pratiques à l’échelle de la planète ; tout ce qui est singulier se dilue, se dissipe ; on assiste à une planétarisation des comportements, liée aux machines qui dictent leurs usages.
Si on prend les blogs, c’est l’inverse : chaque contenu est spécifique…
JMB : Le phénomène du blog est intéressant parce qu’il exprime une tentative pour préserver sa singularité dans un univers qui lamine. C’est un renouveau de l’intériorité, ce qui est plutôt rassurant par rapport à une société tout internet ou chaque individu aurait tendance à se penser d’abord comme un être communiquant, qui n’existe que dans sa relation, qui n’a plus de substance.
Ce sont les théories de Palo Alto et de la cybernétique ?
JMB : Exactement ! Le blog, ce goût pour le récit de soi, est une manière de camper sur une individualité. C’est très positif.
Et ma fille de 14 ans qui passe son temps à chatter sur internet, c’est bien ou ce n’est pas bien ?
JMB : Ce n'est pas une question de morale! Tout ce qui encourage à communiquer est positif. Ce qui est nocif, c’est l’autisme. L’humanité se définit d’abord et avant tout par son aptitude à communiquer. C’est parce que nous sommes des êtres de communication que nous pouvons grandir.
Ces jeunes qui chattent, ces internautes qui bloguent, ils communiquent vraiment ?
JMB : Toute la question est de savoir s’ils communiquent où s’ils s’expriment. Je me méfie beaucoup de ce culte de l’expression, très à la mode : il n’est pas synonyme d’écoute. Pour communiquer, il faut être deux et deux individus à part entière.
Il n’y a peut-être pas d’échange, simplement une juxtaposition d’expressions personnelles…
JMB : Absolument : Lacan parlait de « jaculation ». Toute cette subjectivité, ce culte de l’expression, n’est pas forcément un facteur d’enrichissement.
Quand même, dans le blog, il y aussi ce phénomène des commentaires, ces réactions immédiates des lecteurs, cette inter-réactivité, très rapide, très nerveuse : ce n’est pas quelque chose qui fait avancer la pensée, cela ?
JMB : Oui, c’est très intéressant ; on tient là quelque chose d’assez nouveau qu’on pourrait appeler de l’inter-subjectivité, c’est-à-dire le fait de mettre en relation deux individus qui se pensent comme des sujets, qui prennent des initiatives dans leur relation, qui défendent des valeurs, des idéaux, des arguments.
Revient-on au modèle de l’agora antique, à l’espace public de Habermas ?
JMB : Ce modèle de tchatche s’inscrit dans le modèle de l’agora, sauf que celle-ci était très organisée, très ritualisée. Il y avait ceux qui l’organisaient, qui parlaient et il y avait des esclaves, des femmes, des enfants, qui n’avaient pas accès à l’agora. Et le rituel était très fort : on se déplaçait, on allait au centre de l’agora, on prenait la parole puis on reprenait sa place et ainsi de suite. Aujourd’hui, on est plutôt dans un joyeux désordre, dans une idéologie du désordre dont on espère que naîtra un nouvel ordre.
Il y a un risque de schyzophrénie dans le cyber-espace, on confond le réel et l’imaginaire, c’est cela ?
JMB : Oui, pour moi, le cyberespace connote cette espèce d’immersion dans une religion anéantissante. C’est une idéologie effrayante où on laisse entendre que grâce à la connexion de nos ordinateurs, nous allons réaliser une espèce de cerveau planétaire. Et vous, moi, nous serons chacun un neurone de cette planète. Le problème c’est qu’un neurone, ça se remplace facilement.
De toute façon, à force de se frotter au numérique, notre cerveau est en train de changer, non ?
JMB : Toute activité que nous commettons transforme notre cerveau. On n’est peut-être pas de futurs robots, mais le fait d’être tous formatés de la même manière par nos machines est certainement en train de changer quelque chose. On n’en prend pas encore toute la mesure neurobiologique. Mais, déjà, au niveau des comportements, au niveau des langages, on a des indices qui montrent que nos machines ont un impact sur notre manière de penser.
Comment faire pour lutter contre la saturation d’informations ?
JMB : Se débrancher, bien sûr ! C’est cela l’idée de la philosophie, de la poésie : emprunter les chemins de campagne…