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vendredi 1 juillet 2005

QUIZ! Votre patron est-il un psychopathe?

FastcompanybosspsychopathJe ne sais pas pourquoi, j’aime cette couverture, c’est
bizarre hein ?




C’est un quiz de FAST COMPANY, magazine américain new age
iconoclaste qui connut des heures de gloire pendant la folie internet et qui
tente de survivre en surprenant encore un peu, de temps en temps.




« Pour chaque question ; mettez 2 points pour oui,
1 point pour sans doute et 0 point pour non.








  1. Est-il facilement bavard et superficiellement charmeur ?


  2. A-t-il un sens grandiose de sa propre valeur ?


  3. Ment-il de façon pathologique ?


  4. Est-il un maître de la manipulation ?


  5. Quand il fait du tort aux autres, il ne se sent pas coupable, n'est-ce pas ?


  6. Est-il froid, sans affect apparent ?




  7. Est-il rugueux, manquant d’empathie ?


  8. Fuit-il les responsabilités de ses propres actions ?






Si votre patron obtient


















  • 1-4 : vous devez être frustré


  • 5-7 : faites attention


  • 8-12 : il y a de quoi vous angoisser


  • 13-16 : vous avez raison d’avoir très peur »




mardi 28 juin 2005

Décider: une aventure socratique

Alexander_cuts_the_gordian_knot[Extrait d'un éditorial à paraître dans un prochain magazine]



Le magazine américain Fortune vient de consacrer une longue enquête au thème de la prise de décision.
Comme c’est un média influent, qui donne le la sur les pratiques de management outre-Atlantique, j’ai voulu décortiqué cette enquête pour vous.
Premier enseignement : un appel à l’Histoire est toujours le bienvenu. Le journal va donc citer Hérodote (430 av J.C.) qui explique comment les Perses validaient une décision : ils se mettaient d’accord en buvant beaucoup ; si, le lendemain, sobres, dégrisés, ils maintenaient le point de vue de la veille, alors c’est que la décision était bonne et elle était adoptée. Vous pouvez raconter cette histoire à votre conseil d’administration, on ne sait jamais, peut-être gagnerez-vous un bon repas…
Ensuite, c’est moins drôle, Fortune vous assène les lieux communs : un vrai patron est celui qui prend les décisions qu’on ne peut déléguer ; la qualité d’une décision est ce qui vous donne de la valeur, etc.
Alors, vite, on revient au latin : decidere veut dire « trancher ». Évidemment, cela plaira aux « cost-killers » qui sévissent un peu partout en ce moment. Mais tout le monde n’est pas Alexandre qui ose trancher le nœud gordien : un violent coup d’épée sur un paquet de nœuds inextricable fait par Gordias, que personne n’avait réussi à démêler à la main jusqu’alors. Ça ne marche pas toujours aussi vite ni aussi facilement !
Alors, que faire ? ...



...S’inspirer des autres, telle est la méthode Fortune. « Décider,
dit le magazine, c’est recevoir l’incertain chez vous, lui offrir un
verre et l’inviter à rester dîner. » On lit avec plaisir toutes ces
belles histoires : comment Edwin Land eut l’idée du polaroïd quand sa
fille exigea de voir tout de suite la photo qu’il venait de prendre
d’elle ; comment en 1929, une femme nommée Lila Luce choisit dans une
liste de noms présenté par son mari Henry, le mot Fortune, alors que
Henry préférait Power ou Tycoon. Elle a bien fait:  c’est toujours le
nom du magazine, 1000 numéros plus tard !

Bref, il n’y a pas de règles pour prendre une bonne ou une mauvaise
décision, il n’y a que des aventures. Et Fortune sait raconter. Exemple
très cher à fabriquer et vous avez déjà hypothéqué tous vos biens ; en
face votre concurrent est une grosse entreprise dont le produit est fin
prêt. Vous avez rendez-vous avec votre plus gros prospect. Que faire ?
Si votre instinct vous pousse à laisser tomber, vous venez de tuer le
707, l’avion qui permettra en 1955 à Bill Allen, patron de Boeing de
doubler Douglas Aircraft…

Et pour finir, les inévitables conseils gracieusement dispensés par le
gourou Jim Collins. Florilège : décider, ce n’est pas répondre à la
question « quoi ? » mais à la question « qui ? » ; votre pire ennemi,
c’est vous, car vous êtes capable de rallier n’importe qui à votre
point de vue, au lieu d’écouter ; la décision n’est pas un consensus,
c’est un conflit, un débat ; c’est admettre de dire au départ : « je ne
sais pas » ; …

Et c’est ainsi que l’on revient avec bonheur aux Anciens : soyez
Socratique, posez les bonnes questions, et vous prendrez alors la bonne
décision !


Source image : Alexandre tranchant le nœud gordien par Jean-Simon Berthélémy, Paris, École des Beaux-Arts.


mercredi 8 juin 2005

L'intuition pour bien manager

Elle est consultante et  chroniqueuse dans Entreprises & Carrières. Je la reçois demain sur BFM et du coup j'ai relu avec plaisir deux de ses ouvrages récents:
MeryemlesagetlemanagerintuitifMeryemlesagetchangez-Le Manager intuitif , de Meryem Le Saget, Editions Dunod (2003). Nouvelle édition du livre déjà vendu à 25 000 exemplaires, enrichie. "Comment prétendre changer le monde, si nous tremblons pour notre pouvoir?"... Un ouvrage de réflexion et d'action, bourré d'infos et de conseils.
-A vos marques, prêts? ...changez! , de Meryem Le Saget et Pessin (dessins), Editions Liaisons, Collection Entreprises & Carrières (2002). Les dessins de Pessin (Le Monde, Entrerpise & Carrières) font mouche et illustrent bien ces chroniques vivantes et concrètes.



lundi 23 mai 2005

De la stratégie et autres propos glanés

- "Quand un dirigeant d'entreprise se dit prêt à examiner toutes les options stratégiques, c'est en général qu'il n'en reste plus beaucoup". (à propos de Marconi): parce qu'il y en avait? (Les Echos, 18/05).
- "Microsoft promet à Sony son combat le plus difficile" (à propos de la bagarre sur les consoles de jeux): quand on a perdu , on promet qu'on va gagner. (La Tribune, 18 /05).
La preuve:
- "Bull veut renouer avec la croissance" : vaste challenge ... et comme une impression d'un titre à répétition ... depuis quelques années... (La Tribune, 13/05)
Ou encore:
- "Télédéclaration: Copé promet un service sans faille en 2006"
  : demain on rase gratis, ça marche encore! (le service était
taillé pour 6 500 connexions à l'heure et ils ont eu des pointes à 120
000...),(Le Figaro,
16/05).
- "La diffusion de la presse est en voie de stabilisation"  (Le Monde, 18/05) mais "Les ventes de presse sont en léger recul" (Le Figaro, 18/05) : faudrait savoir.
- "Un visionnaire de la rétine" (à propos d'un iventeur en génomique): il voit loin? (Le Monde 18/05).
- "L'avènement du numérique va nous permettre de redevenir compétitif" dit Marteen Steinkamp, président de Sony BMG Europe : il a mis du temps à comprendre! (Le Figaro 19/05).
- "Air France synchronise bagages et passagers" : avant, ils les tiraient au sort? (La Tribune  19/05)
- "En ligne avec les prévisions, Dell rassure" : si le journal avait dit "En ligne avec les prévisions, Dell inquiète", nous on n'aurait pas été rassuré... (La Tribune 16/05).
- "Factures: les nouvelles solutions sans papier" (Enjeux-les Echos mai 2005): je crois bien avoir écrit un article sur le bureau sans papier dans L'Entreprise, cela devait être vers 1988...
- "Pourquoi la France est incapable de créer un Microsoft" nous explique Le Monde du 11 mai et il nous donne la solution: on va créer une agence de l'innovation industrielle. Fabuleux! Trop beau pour être vrai! J'adore la France! Quand, ailleurs, il n'y a pas de solutions à un problème, nous, en France, on a toujours une alternative: faire une loi ou créer une agence...
- "Compétitivité dans le monde: la France au 30e rang" (Les Echos du 13 mai): en simple écho du paragraphe précédent...
- "Intel, leader mondial des microprocesseurs, change de stratégie"  diable, je n'étais pas au courant! En fait, on nous explique que chez Intel ils ne seront plus dirigés par un ingénieur mais par un homme de marketing... Ils sont foutus! (Le Monde 19/05).
- "Intel dans le piège de la surenchère industrielle" dit L'Usine Nouvelle du même jour; apparemment, les deux journaux n'ont pas la même lecture des stratégies...
- "Alcatel: les actionnaires se prononcent sur l'âge limite du président." : et qui se prononce sur l'âge limite des actionnaires? (Les Echos 20/05)
- "Comment trier et stocker vos photos numériques" se demande Management de juin 2005: n'essayez même pas...
- "Le Monde" mise sur les produits dérivés" titre gentiment La Tribune sur son confrère: ça a du leur faire plaisir aux rédacteurs du Monde d'apprendre leur nouvelle stratégie éditoriale!
- "Le modèle de l'entreprise qui réalise tout elle-même est mort" nous prévient Gerard Kleisterlee, président de Philips : au cas où vous ne le sauriez pas! C'est important que les grands patrons aient des idées claires et, surtout, neuves. (La Tribune 23/05).
- "L'industrie des jeux vidéo veut conquérir les non-joueurs" (La Tribune 23/05): sus aux nonistes! la presse veut conquérir les non-lecteurs,  l'automobile les non-conducteurs, les vignerons les sobres, les fabricants de capotes les puceaux, la religion les athées.
C'est simple: dites non et vous voilà prospect, bichonné, cajolé. - Qu'est-ce que vous faites dans la vie? - Je suis un noniste. - Et ça rapporte, vous pouvez me dire combien? - Non.



Voici ma définition de "Stratégie" dans mon Dictionnaire impertinent des branchés.
Stratégie
Elle n'est jamais perdante, mais elle peut connaître des aléas dus à un retournement, toujours imprévisible, de la conjoncture. Aujourd'hui, tout est stratégique, même la tactique.
Chez les grands hommes, un objectif stratégique cache souvent un complexe d'infériorité intellectuel ou un manque d'amour de la part de sa maman.



Le capitalisme...c'est simple ... : « Quand çà marche, c'est grâce à
moi ; quand çà ne marche pas, c'est à cause de toi. » Un coup je
t'embauche, t'es beau, un coup je t'embrouille, t'es nouille.

La stratégie des grands groupes ressemble à un régime alimentaire:
d'abord ils engraissent en licenciant leurs produits puis, quand la
conjoncture disjoncte, ils dégraissent en licenciant leur personnel. «
Il est difficile à un poisson de voir son propre aquarium » disait
André Malraux, pour rester poli. Le proverbe berbère, lui, est beaucoup
plus direct: « Quand la neige fondra, la merde apparaîtra ».

Depuis Lao-Tseu et Clausewitz, on aurait pu pensé que la stratégie
avait fait des progrès. Hélas : aujourd'hui, plus l'objectif est
rustique, plus il est populaire. L'idée ? Etre plus gros que le voisin
! Chacun veut être numéro un mondial sur un créneau porteur (on dit «
non cyclique ») et rapporteur de grosses marges (on dit « créateur de
valeur »). La grenouille aspire au bœuf, le bœuf au dinosaure et le
dinosaure croit que la comète ne tombera pas sur lui mais sur les
petits copains d'à côté.

Au passage, méfiez-vous des créneaux trop petits car, comme dit le
proverbe : « Quand on travaille dans une niche, il ne faut pas
s'étonner d'être traité comme des chiens. »

Enfler, voilà donc la règle de nos stratèges modernes. Empiler les
chiffres d'affaires, les clients, les pays. Rafler les catalogues, les
technologies, les savoir-faire. Peu importe qu'il n'y ait aucune vision
derrière tout çà, l'important c'est la masse. C'est l'effet sumo. Comme
je suis plus gros que toi, je te pousse en-dehors du jeu avec mon gros
ventre. Je suis forcément le meilleur puisque je suis numéro un. Je ne
sais pas qui je suis mais quelle importance puisque je suis numéro un.
Je n'ai rien à dire mais j'ai tous les droits de le dire puisque je
suis numéro un. Je ne sais rien de la vie, de l'histoire, des hommes et
de leurs cultures mais je m'en fous, je suis...

Feraient  mieux de relire Lao-Tseu, tous ces bouddhas de pacotille : «
Celui qui a inventé le bateau a aussi inventé le naufrage. »


mardi 10 mai 2005

Liturgie des réunions

LiturgieC'est le titre d'une vieille note mais toujours excellente de Michel Volle: il compare le discours du DG et des cadres lors d'une réunion de travail à l'ancienne liturgie en latin de la messe catholique.
On rit bien ou on rit jaune, çà dépend...
Exemple:
DG : « J’ai vu le Président hier soir » équivaut bien sûr à :
Prêtre : « Gloria in excelsis Deo »



Source image


mercredi 4 mai 2005

Décortiquer l'innovation

InnovationC'est un concept à la mode, le gouvernement en fait des agences, les gourous ne parlent que de çà pour sauver les entreprises...
L'ouvrage Innovation, Désordre, Progrès de Pierre Tabatoni (Editions Economica), lui au moins, rentre dans le vif du sujet.
Il part de l'opposition mythologique entre Prométhée , le créatif et son frère Epiméthée le conservateur (ça me rappelle l'oncle Tania dans "Pourquoi j'ai mangé mon père" de Roy Lewis) pour faire un point complet.
Son credo: innover c'est bouillonner, créer du désordre. J'aime bien.
Source image
PS: pour commander ce livre, n'oubliez pas mon principe de SOUTIEN HORIZONS...



jeudi 14 avril 2005

Au secours! Ils veulent nous faire travailler!

CouvenjeuxtravailCouvfastcompanyextremejobsQu'est-ce qu'ils ont tous à vouloir nous faire bosser comme des malades?
Et des deux côtés de l'Atlantique en plus! Ici Enjeux-les Echos, un journal plutôt modéré d'habitude. Là-bas Fast Company, la revue branchée (c'est un des magazines US rescapé de la net économie). Ils sont fous!
Vivement que d'autres journaux disent le contraire, vantent le mérite du travail bien dosé, sans stress, chacun  à son rythme, dans une ambiance de franche camaraderie... Ah, bon, je rêve?



mardi 5 avril 2005

Communiqué de presse prêt à l’emploi pour la présentation d'une filiale

Le texte qui suit est la quasi-transcription d'un communiqué de presse récent que j'ai reçu. Je l'ai trouvé tellement bien rédigé que j'ai décidé d'en faire profiter un maximum de gens: il suffit de personnaliser les cases entre guillements et le tour est joué!
Il peut ainsi s'appliquer à toute présentation d'une filiale récente mais méconnue d'un groupe américain ou asiatique dans une grande ville européenne.

Dès les années (dizaine d'années), (nom société) a cherché a développé sa présence internationale et son réseau. (Nom de la grande ville européeene) fut l’une des destinations préférées et les bureaux de (nom société) y sont ouverts depuis (année précise).
Le résultat : (nom société) fait partie intégrante du marché (adjectif pays) et européen depuis (année précise).
(Nom société) (ville) a ainsi acquis une réputation d’un (service/produit) de qualité ce qui a contribué à faire de (nom société) une référence, notamment dans le secteur de (nom du secteur d'activité principal).
Basé en plein cœur de (ville), (nom de société) (ville) offre une large gamme de (services/produits).
Spécialisée sur le marché (adjectif pays) avec, dans certains cas, une perspective européenne et internationale, nous offrons aussi à nos clients des conseils et des plans d’opérations dans une grande variété de secteurs, notamment : (liste des secteurs secondaires mais importants).
(Nom société) (ville) a également une forte compétence sur des programmes multi-nationaux et en assure la coordination centrale, tout en supervisant les opérations locales, grâce au réseau de (nom société) et ses interventions sur mesure.
L’expertise de nos consultants couvre l’ensemble des domaines de nos secteurs, y compris le management de crise et les événements exceptionnels.
De plus les (nombre de personnes) membres de notre équipe (adjectif ville) ont tous un profil multilingue et multiculturel , avec un anglais totalement opérationnel.
Enfin, (nom de société) (ville) a déjà travaillé pour les plus grands groupes, notamment : (liste des plus gros clients du pays et européens).

Mise à jour: in English, attn. to Stephanie:





In the late (years), (firm’s name) was looking to expand its international presence and develop its network, (name of the European city) was one of the company's preferred destination, and (firm’s name) (city) ultimately was the one of the first office to open in Europe.
As a result, (firm’s name) (city) has been an integral part of the (European country) and European market since (year).
(Firm’s name) (City) has earned a reputation for high-quality (services/products) and has helped contribute to (firm’s name) becoming a reference in today's (sector) industry.
Based in the heart of the city, (firm’s name) (city) provides a complete array of (principal activity).
Focusing on the (European country adjective) market and, in some cases, with a European and international perspective, we offer custom advice and implement programs for clients operating in a variety of sectors that encompass (name of other activities).
(Firm’s name) (City) also has a strong ability to run multi-country programs, ensuring central coordination and supervising tailored local execution through close and seamless interoffice cooperation.
Our consultants' expertise also covers the organization of issues management and crisis communications and special events management. In addition, our (number) staff members have a highly multilingual and multicultural profile and have an excellent command of English.
Our office also has counselled leading national and international corporations, including (list of firms).


lundi 4 avril 2005

Les maximes du management moderne

Management_1(Elles sont trop belles en anglais et je suis un trop mauvais traducteur,
alors je vous les livre telles quelles:)



  • Rome did not create a great empire by having meetings,
    they did it by killing all those who opposed them.


  • If you can stay calm, while all around you is chaos...
    then you probably haven't completely understood
    the seriousness of the situation....


  • Doing a job RIGHT the first time gets the job done. Doing the job WRONG fourteen times gives you job security.

  • Eagles may soar, but weasels don't get sucked into jet engines.

  • Artificial Intelligence is no match for Natural Stupidity

  • A person who smiles in the face of adversity... probably has a scapegoat.

  • Plagiarism saves time.

  • If at first you don't succeed, try management.

  • Never put off until tomorrow what you can avoid altogether.

  • TEAMWORK... means never having to take all the blame yourself.

  • The beatings will continue until morale improves.

  • Never underestimate the power of very stupid people in large groups.

  • We waste time, so you don't have to.

  • Hang in there, retirement is only thirty years away!

  • Go the extra mile. It makes your boss look like an incompetent slacker.

  • A snooze button is a poor substitute for no alarm clock at all.

  • When the going gets tough, the tough take a coffee break.

  • INDECISION is the key to FLEXIBILITY.

  • Succeed in spite of management.

  • Aim Low, Reach Your Goals, Avoid Disappointment.

(source : un camarade anonyme qui veut garder sa place...)


dimanche 13 février 2005

Essai ethnologique : Le Patron

PdgPourquoi celui-ci est-il LE patron, LE numéro un (d’entreprise, de parti politique, d’administration, d’organisation, de compétition sportive…) et pas celui-là ? Qu’est-ce qui fait la différence ?
Passons en revue les raisons possibles.
1/ Les compétences ?
Manifestement pas ! Je connais, vous connaissez des tas de patrons qui sont moins efficaces que leurs collaborateurs directs....



Principedepeter...On en rencontre même qui sont franchement incompétents, à se demander
comment ils sont arrivés là : la seule réponse, toujours d’actualité,
est donnée par Le Principe de Peter

2/ L’intelligence ?
Même constat que ci-dessus. Certes,
les patrons sont vifs, rapides mais des tas d’autres gens aussi.
D’ailleurs, il ne faut pas être trop intelligent pour être patron car,
à force de peser le pour et le contre, on n’arriverait plus à trancher.
Le vrai patron est celui qui est convaincu qu’il a raison, ce qui n’est
pas une preuve d’intelligence mais de prétention.
3/ La ruse ?
Bien
sûr, il en faut ! La mythologie nous enseigne qu’Ulysse est supérieur à
Achille, ne serait-ce que parce qu’il lui survit. Mais si Achille
n’avait pas été là, les Grecs auraient sans doute perdu la guerre. Il
faut être plus rusé que les autres, à condition d’avoir sous la main de
vaillants guerriers à mettre en première ligne. Mais la ruse est comme
l’intelligence : Ulysse est incertain, balloté entre plusieurs
hypothèses. Et, souvent, c’est le destin qui décide pour lui. La guerre
de Troie est d'abord celle des dieux et les hommes n'y sont que des
pions.
4/ La volonté?
On s’approche sans doute de la vraie
réponse. Il faut du caractère pour diriger, pour être le numéro 1. Mais
cette vigueur est-elle supérieure aux autres ? Rien n’est moins sûr.
Par contre, on doit être plus brutal, plus tranché. Pas d’états d’âme
quand il faut prendre des décisions « difficiles », c’est-à-dire
difficiles pour les autres. Parce que, par définition, les décisions
que prend le patron concernent toujours les autres, jamais lui-même.
Les seules décisions qui le concernent personnellement et directement
sont celles de son conseil d’administration.
5/ Les réseaux, les relations ?
En
partie peut-être, mais ce n’est pas suffisant. Là aussi, on connaît des
managers bien placés à de nombreux entrelacs : ils n’ont pourtant pas
réussi à être LE patron. Les bonnes relations aident à franchir les
étapes et à se maintenir à un certain niveau.  Mais quand il faut
accéder à la marche suprême, elles s’avèrent insuffisantes, parce qu’à
ce niveau, tout le monde a les mêmes relations.
6/ Le hasard ?
Il
peut compter (mais on ne peut compter sur lui!). Notamment quand il
s’agit de succéder à quelqu’un parti brutalement qu’il faut remplacer
rapidement : le premier qui traîne dans les couloirs fait l’affaire.
Mais il est rare qu’un patron nommé dans ces conditions dure. Il se
contentera de faire l’interim en négociant au plus haut ses conditions
de remplacement.

7/ L’humanisme ?
Alors là, certainement pas ! Quand on
est LE patron, il faut licencier, fusionner, écarter. On respecte
l’homme comme outil de production malheureusement nécessaire mais dans
les lignes comptables, la masse salariale est un chiffre comme un
autre. La financiarisation et la virtualisation croissantes du monde
des affaires ont ravalé la pâte humaine au rang de « ressource ». Et il
s’avère que cette ressource est plus chère et moins fiable que
d’autres. Pourquoi faudrait-il continuer de s'encombrer avec. Patron ou
Abbé Pierre, il faut choisir.
8/ L’argent ?
Alors là oui,
sans hésiter !  L’appât du gain est un critère valable pour tous ceux
qui veulent faire carrière. Il n’y a que deux façons de gagner vraiment
beaucoup d’argent : jouer et créer une entreprise pour la revendre. Il
faut donc être un grand joueur dans les deux cas et, dans les deux cas,
le potentiel de perte est à la hauteur de celui des gains. Inversement,
on ne peut pas prétendre à être patron si on n’a pas un goût immodéré,
déraisonnable de l'argent. Mais, encore une fois, ce n'est pas ce
critère qui fera la différence.
9/ Le pouvoir ?
Oui, il
faut ce goût du pouvoir avec celui de l’argent, l’un ne va pas sans
l’autre. Il faut vouloir régner ET vouloir s’en mettre plein les
poches. C’est une condition nécessaire mais non suffisante. Ils sont
nombreux les candidats au pouvoir mais ils ne sont pas tous élus. Et
quand on a pris le pouvoir, son désir de le garder est moins fort que
celui des autres de le prendre. Iznogoud veut être calife à la place du
calife, tandis que le calife, lui, il veut simplement en profiter.
Alors, que nous reste-t-il ?
Il nous reste tout simplement : l’Envie.
La
vraie envie, celle des sept péchés capitaux. Le désir fou d’être le
premier, une envie monstrueuse, supérieure à celle des autres, qui
écrase tout et tous sur son passage. Un rouleau compresseur, qui fait
fi de toute règle, de toute raison, qui transcende l’intuition.
Est
patron celui qui a plus envie que les autres de l’être et qui
subordonne toute sa vie et toutes ses capacités, quelles qu’elles
soient, à cette folie surhumaine, non humaine, meta-humaine.
Il peut
très bien ne pas être le plus intelligent, le plus volontaire, le plus
rusé. Il peut être plus laid, moins fort, plus petit.
Diable1S’il a plus envie que les autres, il pourra un jour ceindre la couronne de l’empereur.
Le
patron n’est pas un homme, il ressemble à un homme, il a le goût d’un
homme, il sourit – presque – comme un homme, mais… c’est le Diable !
(PS
terre … sauf un : devinez lequel ?... Le mien, bien entendu !)


mercredi 9 février 2005

Carly Fiorina virée, la bourse dopée!

Condi_riceCarlyfiorinaIl y avait il y a encore quelques heures deux Américaines célèbres : Condoleeza Rice, la sécrétaire d'Etat et Carly Fiorina, la pédégère de HP.
Il n'y en a plus qu'une.
L'autre, Carly, vient d'être virée comme une malpropre par son conseil d'administration....



...L'action de HP a immédiatement bondi de 11% à la Bourse.
On en déduit trois choses:
1. La Bourse est mysogyne;
2. Homme ou femme, PDG est un dur métier.
3. Quand on fait des conneries, on est viré plus vite dans le privé que dans le public.


mercredi 2 février 2005

Daniel Kahneman: "Nous ne prenons pas nos décisions de manière rationnelle"

(extrait d'un de mes récents éditos)
En tout cas, pas toujours! Rentrent en jeu dans nos critères de choix des arguments qui ne sont pas « objectifs » : la conformité avec une décision antérieure, même si celle-ci n’a pas prouvé son efficacité (ce que les sociologues appellent « l’effet de gel ») ; le désir de satisfaire son patron; l’image qu’on se fait de soi; une préférence relationnelle ou affective, etc.
Danielkahneman Les tenants de ces théories vont être renforcés par un auteur de poids, prix Nobel, le psychologue Daniel Kahneman (*). Selon lui, la plupart des décisions de management sont prises en fonction d’arguments individuels basés surtout sur la perception, le contexte, voire même un raisonnement défectueux !
Les deux facteurs les plus influents sont nos intuitions et notre raisonnement. Et nous sommes davantage guidés par l’intuition que par la raison: même l’achat d’une voiture commence par une impulsion et une émotion, sur lesquelles ensuite, et seulement ensuite, vient se superposer un raisonnement.
Dans notre vie de tous les jours, nous sommes guidés par ce mode intuitif et émotif : notre façon de conduire, de discuter avec les autres, de réagir à une situation et donc, de manager.  Et c’est normal : si l’on passait son temps à se scruter, on ne pourrait plus avancer !
Le problème, évidemment, c’est que cette prégnance de l’intuition et de l’émotion est régulée par un cerveau imparfait. C'est « l’illusion cognitive », dit Kahneman : on pense avoir compris et trouvé la solution mais on a tout faux !
Le contexte, les situations que l’on vit, ont aussi un impact : si on trouve un gros billet par terre (et qu’on décide de le garder !), on aura tendance à voir la vie du bon côté, pendant un certain temps et les décisions que l’on prendra dans cet état d’esprit ne seront pas les mêmes que si elles venaient après un événement malheureux. «  Dans votre vie, rien n’est aussi important que vous le pensez, tant que vous y pensez », dit Kahneman. Le seul fait de penser à certaines choses les rend prioritaires.
Autre attitude répandue : les gens n’aiment pas perdre, ils sont beaucoup plus sensibles à ce qu’ils peuvent perdre qu’à ce qu’ils peuvent gagner. Un des tests les plus amusants de Kahneman : on joue à pile ou face ; pile, vous gagnez 20 dollars ; face vous perdez X dollars ; et on vous demande : "quelle valeur doit avoir X pour que vous acceptiez de jouer ?" Réponse moyenne : 40 dollars ! On veut bien jouer à condition de gagner le double de ce qu’on perd.
Dans le management des technologies, on en déduit quelques règles simples : il ne faut pas penser les problèmes séparément (parce que chacun prend alors trop d’importance) mais il faut les relier les uns aux autres, ce qui permet de prendre du recul.
Autre exemple, applicable à nos investissements : quand on achète une maison qui nous paraît trop chère pour nous mais qu’on veut absolument, dit Kahneman, il vaut mieux prévoir en même temps le budget d’aménagement. La note globale passera mieux. Si on fait l’opération en deux temps distincts, on dépensera instinctivement nettement moins dans l’aménagement ultérieur. On est ainsi en permanence « ancré » sur des critères subjectifs, nous dit Kahneman. Tout marin en déduira qu’il faut savoir lever l’ancre…
(*) « What Where They Thinking ? »



lundi 3 janvier 2005

Gestion du temps : à chacun ses solutions

Maso, solo, speed, rêveur?...
Trouvez votre profil et les solutions dans ce Tableau
publié par L'Usine Nouvelle en octobre 2003.



mardi 21 décembre 2004

Tableaux utiles pour votre discours (suite)

 Fernandlegerlesconstructeurs A la demande de Pierre-Vincent Robin, j'ai rajouté dans mon album photo "Tableaux utiles pour votre discours" quelques sujets possibles pour illustrer les thèmes de la formation.
Il m'a également conseillé -merci! -  le tableau de Fernand Léger "Les constructeurs" (ci-contre) pour les thèmes qualité et management.
N'hésitez pas à me faire d'autres suggestions: il s'agit de pouvoir illustrer tout discours (slide, web, article, etc.) avec des oeuvres d'art belles, connues ou étranges pouvant être interprétées au premier au second degré dans le sens de son discours.



mardi 14 décembre 2004

Mégafusions: c'est reparti!

A quelques heures d'intervalle:
- Oracle-Peoplesoft : confirmé, à 10,3 milliards de dollars;
- Symantec-Veritas: annoncé, 13 milliards de dollars;
- Sprint-Nextel : non confirmé (à l'heure où je publie), 35 milliards de dollars pour 39 millions d'abonnés au téléphone mobile, soit un peu moins de 900 dollars l'abonné.
La high tech est décidément une industrie de gros sous! Et, contrairement à ce qu'on dit souvent, il y en a qui n'hésitent pas à investir sur le long terme: à 900 dollars l'acquisition d'un abonné, il faudra quelques années pour rentabiliser!



lundi 13 décembre 2004

Au-delà des chiffres: changer sa communication financière

Un peu de pub familiale! Ma fille Lucie vient de terminer son DESS de com - elle est embauchée dans une agence de pub, vous vous rendez compte! - avec un mémoire sur la communication financière: en gros, elle dit qu'il faut tout y changer, elle explique pourquoi et comment. Et moi, je trouve qu'elle a mille fois raison! Alors, plutôt que le laisser dormir son mémoire dans les archives de son école (le Celsa), le voici (450K en PDF)! Pour la contacter : Lucie.



vendredi 3 décembre 2004

Un super DVD-Rom sur la décision

DvddecisionIl est publié par Banlieues-Media. Collection "Questions d'organisation" dirigée par le sociologue et chercheur Erhard Friedberg, patron du CSO (Centre de sociologie des organisations). Je l'ai interviewé sur BFM, et ce fut un moment passionnant! Pourquoi est-ce si difficile de prendre de bonnes décisions? Réponse en visionnant le DVD (je ne touche pas de commision!). En résumé: l'homme est un animal à la rationalité limitée, aux préférences instables et l'entreprise fonctionne selon des jeux de rôles et de pouvoirs opaques, quelle que soit la transparence officielle de son système d'information. On n'a pas fini de se tromper!



lundi 29 novembre 2004

Nouvelle rubrique: dites-le avec des tableaux!

Le lien est  dans la colonne de droite. Tableaux
C'est assez percutant , et facile, d'illustrer son discours par quelques tableaux connus ou typiques.
On peut les utiliser en illustration directe ou décalée.
Je mettrai cette rubrique à jour au fur et à mesure de mes expériences, en essayant de n'y mettre que des tableaux que j'ai utilisés à un moment donné.
N'hésitez pas à me faire des suggestions.