mercredi 13 avril 2005

Ce côté éjaculateur précoce de l’internaute…

Faut que ça sorte, tout de suite. Ce qu’on a à dire, ce qu’on cherche. Ce n’est pas trouver qui nous titille, c’est chercher ; le résultat, on s’en fout, on veut pouvoir surfer toujours et encore. C’est ça la dictature d’internet, cette excitation du nouveau permanent, ce sprint à l’adrénaline virtuelle. On ne lit plus vraiment, on parcours, on saute d’une accroche à l’autre, l’œil brownien, le doigt nerveux crispé sur la détente du clavier ou de la souris, on n’est plus que l’ombre de son clone, son avatar. Il paraît qu’on cherche du sens, nous dit-on mais, en fait, on n’a qu’un seul sens, une seule direction : devant, toujours plus, plus de bidules, plus de mémoires, plus de signes. "Ni à gauche, ni à droite, en avant!": c'était le slogan repris par les fascistes italiens. Nous voici adeptes de Kierkegaard, pour qui le public exige la liberté d'expression pour compenser la liberté de penser qu'il préfère éviter.

Internet c’est la sémiologie débridée, la couche superficielle du cerveau en ébriété. Un saut de haies dans le noir, chaque page, chaque lien est un obstacle qu’il faut franchir, vite, pour aller au suivant. Plus d’affect, plus de sentiments, rien que de l’énervement, de l'événement. On n’écoute que son moi intérieur, qu’une partie de son moi, celle qui vous dit : « non, ce n’est pas ça que je veux, cherche encore.. » Et on creuse, on pioche, on dépiaute, on décortique, on étale comme des trophées les lambeaux de cette chirurgie monstrueuse.
Internet, c’est la perte de l’âme, c’est le diable.
Je me demandais depuis un moment comment qualifier ce nouveau comportement et je crois que j’ai trouvé : nous sommes tous des éjaculateurs précoces. Il n'y aura jamais plus d'orgasme, plus de satisfaction, rien que de l'envie, rien que de l'inassouvi. Adieu l'amour et la beauté, voici le temps bionique, le temps cybernétique où l'intelligence se mesure en taux de clics sponsorisés par les marchands du temple, ravis de l'aubaine.
C'était ma chronique "Déprime" du jour...



mardi 12 avril 2005

La fameuse conversation entre Georges Bush et Condi Rice à propos du président Chinois Hu Jintao (18 mars 2003)

Hujintao_1(Tout le monde la connaît, mais tant pis, je vous la ressort, c'est mon côté encyclopédiste...)
18 mars 2003 : nomination en Chine du Président Hu Jintao et du Premier ministre Wen Jiabao.
Enregistrement ce jour d'une conversation à la Maison Blanche entre le président Georges Bush, et Condi Rice, alors conseillère.
George: Condi! Nice to see you. What's happening?
Condi: Sir, I have the report here about the new leader of China.
George: Great. Lay it on me.
Condi: Hu is the new leader of China.
George: That's what I want to know.
Condi: That's what I'm telling you.
George: That's what I'm asking you. Who is the new leader of China?
Condi: Yes.
George: I mean the fellow's name.
Condi: Hu.



BushriceGeorge: The guy in China.

Condi: Hu.

George: The new leader of China.

Condi: Hu.

George: The Chinaman!

Condi: Hu is leading China.

George: Now whaddya' asking me for?

Condi: I'm telling you Hu is leading China.

George: Well, I'm asking you. Who is leading China?

Condi: That's the man's name.

George: That's who's name?

Condi: Yes.

George: Will you or will you not tell me the name of the new leader of China?

Condi: Yes, sir.

George: Yassir? Yassir Arafat is in China? I thought he was in the Middle East.

Condi: That's correct.

George: Then who is in China?

Condi: Yes, sir.

George: Yassir is in China?

Condi: No, sir.

George: Then who is?

Condi: Yes, sir.

George: Yassir?

Condi: No, sir.

George: Look, Condi. I need to know the name of the new leader of China. Get me the Secretary General of the U.N. on the phone.

Condi: Kofi?

George: No, thanks.

Condi: You want Kofi?

George: No.

Condi: You don't want Kofi.

George: No. But now that you mention it, I could use a glass of milk. And then get me the U.N.

Condi: Yes, sir.

George: Not Yassir! The guy at the U.N.

Condi: Kofi?

George: Milk! Will you please make the call?

Condi: And call who?

George: Who is the guy at the U.N?

Condi: Hu is the guy in China.

George: Will you stay out of China?!

Condi: Yes, sir.

George: And stay out of the Middle East! Just get me the guy at the U.N.

Condi: Kofi.

George: All right! With cream and two sugars. Now get on the phone.

(Condi picks up the phone.)

Condi: Rice, here.

George: Rice? Good idea. And a couple of egg rolls, too. Maybe we
should send some to the guy in China. And the Middle East. Can you get
Chinese food in the Middle East?
(merci Roland)


« Je suis connecté, donc j'existe! » ou l'apologie de l'effet papillon

CecilemoulardmailconnexionCecilemoulard_2Celui-là, je l'ai lu en détail et il est vraiment utile pour essayer de comprendre ce qui nous arrive, si on accepte de ne pas avoir tout compris:
Mail Connexion, la conversation planétaire, de Cécile Moulard, Editions Au Diable Vauvert.
L'auteure est une pionnère de la nouvelle économie, elle a dirigé Amazon.fr et dirige maintenant le site meetic pour les coeurs isolés. Je l'ai reçu à BFM et elle a plein de punch, ça fait du bien.
Elle dit ce qu'elle pense, en citant Jeremy Rifkin - l'auteur culte de L'âge de l'accès, la révolution de la nouvelle économie (disponible enfin en français en mai 2005, 4 ans après sa parution!) et de La fin du travail - :

« Le dicton de Descartes : "Je pense donc je suis", a été remplacé par le dicton: "Je suis connecté", donc j'existe."»





C'est un bouquin très concret (glossaire, explication de sigles, charte de l'emaileur courtois page 295, à méditer par tous). Il est plein d'exemples vécus et bourré de conseils. Il est bien écrit, il se lit vite.
C'est
peut-être le premier ouvrage qui prend un peu de recul sur le phénomène de communication et d'échange né avec internet et le mail. Et qui essaye d'en dégager les grandes lois et les grandes peurs: "de la prise de contact à la prise de conscience, la route est longue."
Il se termine par de belles formules:

« La coresponsabilité : une des conséquences bénéfiques de l'effet papillon. »

L'effet papillon, c'est une trouvaille du météorologue Edward Lorenz: une infime variation des conditions initiales d'un système peut bouleverser complètement son évolution.

« Un battement d'aile de papillon à Paris
peut provoquer quelques semaines plus tard une tempête à New York. »


Alors, papillons du monde entier,  battez des ailes à l'unisson!


Des bouquins pour avoir l'air branché

BenoitdesavoyeblogsC'est chez M2 Editions et il y en a pour tous les goûts: les blogs, les wikis, , les "foules intelligentes" (si-si!c'et nous!), le "futur virtuel" (eh oui, le futur réel, ça n'intéresse personne).
Un petit format, des auteurs connus et branchés, c'est plutôt bien écrit (bon d'accord, j'ai feuilleté rapidement...). C'est concret, pratique, il y a plein d'infos, on ne va donc pas faire la fine bouche. Et ça vaut 20 euros pièce.
Maintenant, le débat est toujours le même: si je ne connais pas grand-chose aux blogs, est-ce qu'un bouquin fera l'affaire?... Je vous laisse juge. Moi, bien sûr, j'espère, j'aime les livres, je ne peux pas vivre sans...
(j'ai mis les anciens liens Amazon parce que je ne comprends strictement rien à leurs nouveaux liens, si quelqu'un peut m'éclairer?)
Voici ceux que j'ai parcouru:



Les Blogs, Nouveau média pour tous, par Benoît Desavoye, préface de Loïc Le Meur.

JeromedelacroixwikisLes Wikis, espaces de l'intelligence collective, par Jérôme Delacroix.

HowardrheingoldfoulesFoules intelligentes, la révolution qui commence, par Howard Rheingod, préface de Daniel Kaplan (FING).

Malogiroddelainfuturvirtuel2010, Futur Virtuel, comprendre, agir et s'amuser de notre futur proche, par Malo Girod de l'Ain, préface de Maurice Khawam (IE-Club)


Création d'une rubrique "Information (notes de référence)"

A la demande générale et cédant à l'amicale pression de la foule immense de mes lecteurs en délire, j'ai créé une catégorie "Information (notes de référence)", où vous pouvez retrouver facilement tout ce qu'on a pu se dire sur ce vaste sujet de l'information, depuis la création de ce blog en novembre 2004.
Allez-y faire un tour: quand c'est classé comme çà dans une catégorie, ça prend tout de suite une autre gueule qu'au fil de l'eau! Bonne lecture!



Il y en a qui croient encore aux enveloppes!

Enveloppe_1Plus il y a d'internet, plus il y a de papier, dit-on. Donc du courrier, donc des enveloppes. Et hop, voici la machine qu'il vous faut: si on pouvait trouver la même pour les emails et les spams, ça serait bien!
Si elle vous intéresse vraiment, je peux vous donner le lien, à titre purement bénévole, je n'ai pas d'actions dans la boîte... je devrais peut-être?



lundi 11 avril 2005

Un contre triste et beau de Bruno Bozzetto



Neuro_1



La vie au jour le jour, simple et dure, dans un dessin épuré, une petite musique, un sourire triste, une larme peut-être...





(animation Flash 1,2 Mo)
Trouvé, encore une fois, chez Arkius.